Bosra, une cité nabatéenne

Sur un plateau basaltique au cœur de la région fertile de Hauran, Bosra est située à 140 Km au sud de Damas. Jadis capitale de la province romaine d’Arabie et importante étape sur l’ancienne route caravanière de La Mecque, Bosra conserve, enserrées dans ses épaisses murailles, un magnifique théâtre romain du IIe siècle, des ruines paléochrétiennes et plusieurs mosquées. Bosra est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1980.

Histoire de la ville
Mentionnée pour la première fois sous le nom de Busrana dans les tablettes de Tell el-Amarna (Egypte) datant du XIVe siècle av. J.-C., Bosra se développa réellement à partir du IIe siècle av. J.-C. lorsqu’elle devint la capitale du nord du Royaume nabatéen. En 106, Bosra devint la capitale de la province romaine d’Arabie créée par Trajan après l’annexion des Nabatéens. Agrandie et embellie d’édifices publics, Bosra fut rebaptisée Nova Trajana Bostra par Trajan, entre 98 et 117. Au cours du même siècle, fut construit le théâtre de 17 000 places, l’un des plus vastes de l’Orient romain, demeuré presque intact jusqu’à nos jours.

Au cours de l’ère byzantine, Bosra joua un rôle important de marché frontalier où venaient s’approvisionner les caravanes arabes. Elle fut la première ville byzantine à tomber aux mains des Arabes en 634. Ensuite, la région devint le champ de batailles des Arabes et Byzantins qui disputaient le contrôle de la Syrie. Les Seldjoukides, gouvernèrent la ville à la fin du XIe siècle et la défendirent des Croisés. Les Ayyoubides firent du théâtre romain une véritable citadelle qui fut conquise par les Mongols. Baybars la restaura en 1261.

Monuments phares
Le théâtre romain du IIe siècle, exceptionnellement intact et complet avec sa galerie supérieure, a été intégré à des fortifications plus tardives pour créer une puissante citadelle gardant la route de Damas, constituant ainsi une réalisation architecturale unique. Les vestiges de la basilique du VIe siècle, des martyrs Serge, Bacchus et Léonce, devenue la cathédrale de Bosra, représentent un exemple significatif d’église à plan centré qui a marqué l’évolution des premières formes architecturales d’églises. La mosquée d’Omar, restaurée en 1950, est l’une des rares constructions du 1er siècle de l’Hégire conservés en Syrie. Quant à la madrasa Jâmi’ Mabrak an-Nâqua, c’est l’une des plus anciennes et des plus célèbres de l’Islam.

Bosra est restée environ 2500 ans habitée et presque intacte. Nabatéens, Romains, Byzantins et Omeyyades ont tous laissé des vestiges dans la ville, qui est un musée à ciel ouvert associé à des épisodes significatifs de l’histoire de la région.

Références

[1] Bosra. Aux portes de l’Arabie. IFPO, Damas, 2007.
[2] Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Par Sawsan A.

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