La Ghouta, à marquer d’une pierre noire…

Ils ont survécu à cinq années de siège implacable. Un an de plus que le siège de Sarajevo !
Ils ont enduré toutes les pénuries imaginables : électricité, eau, chauffage, médicaments, soins, écoles, nourriture !
Ils ont été gazés en août 2013, des lignes rouges ont alors été tracées, puis franchies.
Ils ont été affamés et bombardés régulièrement depuis.

Ils ont découvert les milices armées, les marchands de la guerre et les rois des trafics qui s’enrichissent sur leur dos.
Malgré tout, ils ont résisté, manifesté, se sont interposés aux salafistes.
Ils ont créé des comités locaux, des élections démocratiques, des associations, des écoles souterraines pour s’entraider et tenter de survivre à l’extrême.

Aujourd’hui, les gens de la Ghouta meurent de manière atroce. Des bombardements intensifs les ciblent car Assad et ses alliés ont décidé d’en finir, quitte à les massacrer jusqu’au dernier. Des centaines de morts civils, femmes, enfants et personnes âgées qui ne peuvent fuir nulle part et qui attendent une mort programmée.
Hier du chlore a été largué, pas de secours suffisants, ni de soins adéquats !

ill. « Hope » (Espoir) de Moustafa Jacoub


Rien de neuf dans tout cela ? On a connu Deraa, Homs, Alep et bien d’autres villes encore….
À quoi bon en parler ?
Les loups attendent sagement dehors qu’on en finisse pour signer les contrats juteux de la reconstruction !

Le 20 août 2017, trois ans après le massacre au gaz Sarin, le président de la Syrie avait clamé « […] nous avons gagné une société plus saine et plus homogène. »
Gazer son peuple, éliminer cette « sous race » que sont les opposants à ce régime semble être une solution pour assainir et homogénéiser ce qui reste du peuple syrien sous le regard permanent et conciliant du monde.

Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’on écrase un peuple, de manière injuste, mais à notre connaissance, c’est la première fois que cela se fait avec autant de cynisme et de mauvaise foi.

Aux gens de la Ghouta, à ceux qui ont cru au changement, à ceux qui ont bravé la mort au quotidien, aux innocents sacrifiés sur l’autel de la barbarie, notre honte éternelle !

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