Le Krak des Chevaliers, la forteresse imprenable

La chapelle du Krak, de style gothique

La chapelle du Krak, de style gothique

Le Krak* des Chevaliers, le Krak des Hospitaliers, Hosn al-Akrad (la forteresse des Kurdes) et Qala’at al-Hosn (la forteresse imprenable) désignent tous le même lieu, à savoir la grande forteresse dominant la pleine de la Boquée dans le gouvernorat de Homs. Considéré comme l’exemple le mieux préservé des châteaux forts de l’époque des Croisades et un archétype de château médiéval, le Krak des Chevaliers est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2006.

Emplacement et construction
Situé dans la vallée de la Trouée de Homs, la plaine de la Boqué est entourée de deux massifs montagneux, la montagne d’Ansarieh du nord et la chaîne montagneuse du Liban du sud. Depuis l’antiquité, cette ouverture reliant la vallée de l’Oronte avec le littoral, avait une importance militaire et commerciales. En 1031, fut ordonnée la construction d’une petite forteresse par l’émir de Homs, Nasr Bin Merdas. A 650 mètres d’altitude au-dessus de la plaine de la Boqué, la forteresse avait pour rôle de surveiller les caravanes passant par la Trouée de Homs. La garde de la forteresse fut confiée à une garnison de soldats kurdes, d’où le nom Hosn al-Akrad.

Histoire de la forteresse
A l’arrivée de la première Croisade en janvier 1099, la garnison des soldats kurdes fut évincée par Raymond de Saint Gilles. Son objectif étant Jérusalem, ce dernier abandonna les lieux presque immédiatement. En 1110, Tancrède, le duc d’Antioche, s’empara de la forteresse qui entra alors dans le comté de Tripoli. Au fil des années, l’importance de la forteresse crut parallèlement à l’influence des Croisés vers l’est mais le coût de sa maintenance poussa Raymond II, le comte de Tripoli, à la confier à l’ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem en 1142. C’est de cette époque que date le nom Krak des Chevaliers.

Vue panoramique du Krak

Vue panoramique du Krak

En 1157, un important tremblement de terre ébranla le krak et Raymond du Puy, le grand maître des Hospitaliers, le fit restaurer et agrandir grâce à un financement du roi de Bohême. Ce fut la première d’une série de quatre phases de travaux qui s’échelonnèrent sur un siècle et demi (XIIe – XIIIe). En 1170, le Krak des Chevaliers fut reconstruit et consolidé suite à un second tremblement de terre ayant causé de considérables dégâts.

Après avoir repoussé plusieurs assauts, les Hospitaliers furent finalement contraints de se rendre en 1271 au sultan mamlouk Baybars et le krak changea de mains. Les Mamelouks utilisèrent et modifièrent le Krak des Chevaliers en renforçant notamment le flanc sud et en ajoutant un hammam et un aqueduc, mais son intérêt stratégique diminua parallèlement à la menace franque. Les invasions timourides de Tamerlan (1400-1401) et celles des Ottomans en 1516 ignorèrent même le site. Par la suite, le krak fut connu sous le nom de Qalaʿat al-Hosn.

*Le mot « krak » dérive du mot syriaque « karak » signifiant « forteresse ».

Par Sawsan A.

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