Louay Kayali, le père du modernisme syrien

Louay Kayali est né en 1934 à Alep où il a grandi, étudié, et tenu sa première exposition en 1952. A l’âge de 20 ans, il s’installe à Damas et poursuit des études de droit à l’université de Damas. En 1956, il obtient une bourse du ministère de l’Education pour étudier la peinture à l’Académie des Beaux-arts à Rome. En Italie, il participe à de grands événements et concours d’art où il remporte de nombreux prix. En 1960, il est invité, avec Fateh Al-Moudaress pour représenter la Syrie à la prestigieuse Biennale de Venise. De retour à Damas, il commence sa carrière comme professeur d’art dans les écoles publiques avant de rejoindre en 1962 le corps professoral de l’Institut supérieur des Beaux-arts (devenu plus tard la faculté des Beaux-arts). Il continue à exposer ses œuvres en Italie (Milan, Rome en 1964 et 1965) et attire l’attention par son style moderniste. Sa célèbre peinture Then what? (« Alors quoi ? ») marque le début de son engagement politique où il se concentre sur la lutte politique dans les pays arabes, les mouvements nationaux de résistance et, en particulier, la lutte du peuple palestinien pour la liberté et l’indépendance.

C’est en 1966 qu’il commence à développer les symptômes de ce que ses amis ont appelé une « crise psychologique ». Poussé par son désir de dénoncer les injustices sociales, Louay Kayali commence à peindre une série de toiles au charbon représentant des scènes de lutte et de torture. En 1967, son exposition, intitulée « Pour la Cause », montre une trentaine d’œuvres politiquement chargées. Cette exposition voyage à travers la Syrie mais reçoit un accueil très mitigé de la part des critiques et de ses amis artistes. Traumatisé par la défaite de 19671, Kayali détruit toutes les œuvres de cette exposition et cesse de peindre…

En 1971, il quitte son poste à la Faculté des Beaux-arts et retourne dans sa ville natale, Alep. En 1973, il reprend la peinture et entame une nouvelle phase de création. Ses thèmes représentent la pauvreté et l’oppression dans la société syrienne. En 1974, il organise une exposition dans la galerie du Peuple à Damas qui remporte un grand succès. Quelques mois plus tard, il expose avec Fateh Al-Moudaress au musée national d’Alep. Cette période est très productive et réussie pour Kayali.

En 1977, sa santé décline. La nuit du 9 au 10 septembre 1978, son lit prend feu à cause d’une cigarette restée allumée et Louay Kayali est gravement blessé. Il décède suite à ses brûlures le 26 décembre 1978 à l’âge de 45 ans.

Par Sawsan A.

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1. « Guerre des Six Jours » que mena Israël du 5 au 10 juin 1967, contre l’Egypte, la Jordanie et la Syrie. Celle-ci a été vécue comme la grande défaite par le monde arabe.

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