Message de la Ghouta #11

© Waleed Nezamy

27 février 2018 (11h12)

Je lui ai demandé si elle allait sortir s’ils venaient à ouvrir les passages pour les civils, elle m’a répondue avec indignation, comme si je l’avais insultée en posant une telle question :
« Non, surtout pas ! »
J’avais honte face à sa réaction. Pourtant, j’avais besoin de le lui demander pour confirmer l’idée que malgré les 9 jours passés dans ce sous-sol, ni ma conviction ni celle de ceux qui m’entourent n’avaient changé.
Si on voulait sortir, on l’aurait fait depuis longtemps et on n’aurait pas patienté et enduré pendant 7 ans.
Et nous voulons encore la liberté plus que jamais !

28 février (8h du matin)

Aujourd’hui, j’ai été obligée à transformer les tables de ma maison en bois pour le chauffage et la cuisine. Je veux dire que je suis en train de bruler mes meubles !
La table est remplaçable, et tous les objets d’ailleurs
Mais la dignité, la conscience et la crédibilité de ceux qui nous ont trahis ne seront pas remplacées
Alors profitons de ce paradis !
Une information pour ceux qui persistent à l’ignorer : le régime nous assiège depuis 5 ans et ne laisse entrer aucun carburant entrer dans la Ghouta, c’est pourquoi nous utilisons le bois pour nous chauffer et faire la cuisine.
Surtout en ce moment, parce que nous nous trouvons dans les abris et qu’il n’y a aucun magasin d’ouvert car sinon il serait immédiatement la cible du régime.
Mais tout cela n’est rien à côté du manque cruel de nourriture, d’eau et de bientôt de… bois !
10e jour dans l’abri.

Par Nivin Hotary
(trad. par N.A. et R.A.)

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