Message de la Ghouta #14

Cinq heures de trêve quotidienne

Le bombardement commence dorénavant à se calmer tous les jours pendant cinq heures.
C’est vrai que cette période de calme est toujours perturbée par quelques avions de reconnaissance, des avions militaires ou celles qui larguent les barils explosifs. Mais pour être honnête, il y a tout de même un calme relatif qui règne.

Cette trêve de 5 heures est toujours précédée par quelques raids que le pilote à le temps de lancer 5 minutes à peine avant l’heure précise d’arrêt. Pour les reprendre immédiatement son travail après la trêve, afin de ne pas perdre une seconde et de mettre à profit au maximum le temps pour bombarder.
Pendant ces 5 heures de trêve, les gens sortent de leurs abris pour respirer un peu d’air frais qui, même mélangé avec l’odeur de la mort, reste bien meilleur que l’odeur des égouts qu’ils respirent toute la journée.
Ils essayent alors de se procurer tout ce qui peut les aider à survivre pour le reste de leur journée en attendant les prochaines 5 heures du lendemain.
Ainsi, ils ont le droit de vivre le quart d’une journée presque normalement.

Laila Bakry
28 février 18.55
(trad. par N.A.)

La prison

Les habitants de ce caveau l’appellent ainsi.
Chaque famille y occupe une cellule, l’a isolé avec des rideaux et l’a emménagée pour se réfugier des bombardements, des raids aériens et des multiples roquettes, etc.
Il y a une salle de bain pour tous mais l’eau n’y est pas toujours disponible. Le couloir, lui, reste l’espace de jeux préféré des enfants. C’est là qu’ils y défoulent toute leur énergie, sauf quand une nouvelle famille arrive et que les cellules sont toutes prises, alors elle s’installe dans leur couloir. Et de fait, les enfants perdent un peu de leur aire de jeux.

Les femmes tentent de rendre le lieu le plus confortable et ordonné possible afin de s’y sentir en sécurité tout en essayant de se persuader qu’elles et leurs enfants sont dans un lieu sûr. Un lieu qui les abrite le mieux possible de la mort et du bruit insupportable des bombardements.
Les enfants, quelque soient les circonstances, se contentent de n’importe quel espace pour décompresser et rigoler en jouant, jouant, encore et encore…

Laila Bakry, 1 Mars 2018
(trad. par R.G)

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