Nouri al-Jarrah, le poète exilé

Poète syrien, né à Damas en 1956. Résidant à Londres actuellement, il a choisi lui-même l’exil pour ne pas vivre sous l’oppression et la dictature du régime Al-Assad. Il quitte la Syrie dès 1981 pour Beyrouth où il dirige la revue littéraire Fekr (« Pensées »). Il part ensuite à Chypre, pour finalement s’installer en Angleterre. Il est aujourd’hui le directeur du  Centre arabe pour la littérature géographique – Exploration d’horizons basé à Londres et à Abou Dhabi, dont le travail de recherche est axé sur la littérature de voyage. Nouri al-Jarrah contribue à plusieurs journaux et magazines.

Nouri-al-Jarrah

Nouri-al-Jarrah

Son dernier recueil : « Caïn et les sept journées du temps » n’a pas été édité par les éditions Raya à Haïfa par hasard. Le poète a choisi volontairement cette maison car il voit un parallèle entre les souffrances des Palestiniens de cette ville et sa ville natale Damas, qu’il considère aujourd’hui comme ville occupée par le régime criminel Al-Assad.

Par le titre de ce recueil « Caïn », le poète a voulu démontrer que le meurtrier et la victime en Syrie sont tous les deux Syriens avant tout, payant de leur sang leur affrontement et qu’ils finiront par être enterrés côte à côte pour marquer ensemble cette page douloureuse de l’histoire syrienne.

Le poète se demande si les mots sont capables de décrire tant de douleur, de sang et de destruction ? C’est ce qu’il essaie d’approcher dans son long poème « Les sept journées », où il défie la langue pour tenter de donner corps à la réalité et toucher la conscience humaine. Avec ce poème, le poète se demande si, véritablement, il entame une période charnière dans son expérience littéraire ; mais ce dont il est sûr, c’est que ce recueil constitue une étape exceptionnelle dans son parcours poétique.

Même loin de son pays natal, le poète est bouleversé par ce qui se passe en Syrie et ne peut que s’impliquer dans la révolution syrienne et ses revendications pour la liberté et la dignité. Ainsi, il nous décrit son expérience en entrant pour la première fois dans les territoires syriens libérés, sa joie et son bonheur comme si ces premiers pas avaient réussi à effacer une longue vie d’exil.

Malgré le sang et la douleur qu’on lit dans ses poèmes, le poète est optimiste concernant l’avenir syrien, car il a confiance en son peuple, en la diversité ethnique, religieuse et démographique de celui-ci. Il estime que le peuple syrien a le droit de choisir son destin et qu’il en sera capable grâce au sens de la mesure dont il a fait montre tout au long de son histoire.

Par Amal Farid

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