Souvenirs d’Alep

Au carrefour de plusieurs routes commerciales depuis le IIe millénaire av. J.-C., Alep a vu défiler les civilisations qui ont laissé leur empreinte sur la ville.

La Citadelle d’Alep, qui s’élève au-dessus des souks, des mosquées et des madrasas (écoles) de la vieille ville, témoigne du pouvoir militaire de la ville du XIIe au XIVe siècle. Rappelant le passage de nombreuses civilisations remontant au Xe siècle av. J.-C., la monumentale Citadelle abrite des vestiges hittites, hellénistiques, romains, byzantins et ayyoubides.

La cité fortifiée qui s’est développée autour de la Citadelle conserve son ancien quadrillage de rues gréco-romain, ainsi que des vestiges du VIe siècle, des murailles et des portes médiévales, des madrasas (dont la madrasa Halawiyé, construite sur l’emplacement de la cathédrale Sainte–Hélène, du VIe siècle, saisie par le souverain d’Alep en 1124) et des mosquées (dont la Grande Mosquée fondée sous les Omeyyades et reconstruite au XIIe siècle), des palais, des khans et des bains publics. Le mélange de ces différents bâtiments témoigne de manière exceptionnelle des aspects sociaux, culturels et économiques de ce qui fut l’une des villes les plus riches de l’humanité.

Avant qu’Alep soit inscrite au patrimoine mondial, certaines parties de la ville ont subi des changements comme la destruction de bâtiments, la construction de nouveaux bâtiments en hauteur et l’élargissement des rues. Néanmoins, l’ensemble qui subsiste avec ses principaux bâtiments et la cohérence du caractère urbain des souks et des rues et ruelles résidentielles contribuent tous à la valeur universelle de la ville.

Voici une courte série de cartes postales de la ville d’Alep datant du début du XXe siècle.

La Grande Mosquée d’Alep
La Grande Mosquée d’Alep, comme celle de Damas, a été fondée par le calife omeyyade al–Walid vers 715. Construite sur l’emplacement de l’agora hellénistique, elle fut complètement détruite en 1169 ; seul le minaret échappa au terrible incendie qui la ravagea. Elle fut reconstruite par Noureddin au XIIe siècle, après l’incendie. On y honore la tête de Saint Zacharie d’où le nom « Mosquée de Zakaria ».

La gare de Bagdad
Le chemin de fer de Bagdad fut construit sous l’Empire ottoman et les états successeurs entre 1903 et 1940. Le but était d’assurer la liaison entre Istanbul (Turquie) et Bagdad (Iraq). Le projet, financé par les allemands, fut baptisé Bagdadbahn (chemin de fer de Bagdad) mais les presses britannique et française ont vite adopté le nom « Berlin-Bagdad » qui le rattache à un ensemble de grands chantiers ferroviaires reliant l’Europe centrale au Moyen-Orient, et où le rôle de l’Allemagne était prédominant.

L’Hôtel Baron
Le Baron fut le premier hôtel moderne d’Alep mais aussi l’unique de la région à l’époque. Construit au milieu des jardins d’Alep à l’extérieur de la vieille ville, l’hôtel fut inauguré en 1909 avec un seul étage. La construction des deux derniers étages est survenue respectivement en 1911 et 1940.

L’hôtel accueillait surtout les passagers du Taurus Express (dans la continuité de l’Orient Express). L’auteur des « Sept Piliers de la sagesse » T.E Lawrence (Lawrence d’Arabie), dont l’une des notes d’hôtels se trouve dans une vitrine de l’hall dallé de marbre, fut l’un de ses clients fidèles. Vieillissant, le Baron n’a rien perdu de son charme et de l’atmosphère d’antan.

La tour de l’Horloge
La tour de l’Horloge fut construite par l’architecte français Charles Chartier en 1898, sous le gouverneur ottoman Raef Pacha. Ce monument public qui se voulait fonctionnel était surtout symbolique de modernité.

Par Sawsan A.

Référence
Le centre du patrimoine mondiale de l’UNESCO

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