Traversées syriennes sur la Péniche pour la Paix

recto 17 maiEmbarquez avec Syrie MDL sur la « Péniche pour la Paix »… le temps d’une croisière sur la Seine, pour une partie après-midi ou de la soirée à quai à Paris, pour parler de la Syrie, de ses maux, pour réfléchir ensemble à des demains possibles… La culture sera notre moteur et notre rêve de construire une Syrie libre, juste et en paix sera notre gouvernail. Chaque escale sera une tentative pour construire un pont entre ici et là-bas pour créer des moments d’échange entre Syriens et Franciliens.A chaque traversée, nous ferons une escale thématique à quai avec nos invités : artistes, écrivains, universitaires, témoins, activistes… Plusieurs temps forts seront proposés autour d’un sujet qui nous tient à cœur et dont nous souhaitons débattre avec nos invités et avec vous !

Rejoignez-nous à l’embarquement, en journée au point rendez-vous pour profiter de la promenade fluviale ; pour le débat en début de soirée à quai en face de l’Institut du Monde arabe et de l’île Saint-Louis, pour une projection, une lecture ou simplement une assiette syrienne préparée maison à partager ensemble…

Escale #1 : Samedi 28 mai 2016

Le mouvement pacifique syrien

Ils s’appellent Gyath Matar, Fadwa Suleiman ou Jawdat Saïd… Gyath, distribuait des bouteilles d’eau avec des petits billets invitant les soldats à se joindre aux manifestants pacifistes. Les services de sécurité ont rendu son corps inerte avec des marques de torture à sa famille. Fadwa, comédienne, a quitté Damas et une situation confortable pour prendre la tête des manifestations pacifiques à Homs. Jawdat est un penseur et un religieux qui a participé aux débuts de la révolution syrienne, il prônait un Islam non violent et appelait à la démocratie…

Comme eux, des milliers de jeunes, d’intellectuels, artistes, connus ou méconnus ont été le cœur du soulèvement pacifique syrien de 2011, organisant les manifestations ou appelant à la grève de la dignité. Beaucoup ont péri ou croupissent encore dans des geôles sordides.

Où en est le mouvement pacifiste syrien aujourd’hui ? A-t-il encore une voix ? Qui sont ceux qui l’ont porté ou le portent encore ?

Programme

15h00 RDV sur la péniche Le Bali, baptisé la « Péniche pour la Paix », sur le Quai de Bercy au niveau du Pont de Tolbiac à Paris 12e
15h20 Départ de la péniche avec les membres de l’association pour une traversée de 30 minutes dans Paris : musique et chant avec de jeunes musiciens français et syriens
16h00 Bateau à quai pour l’après-midi et la soirée. Accueil du public parisien sur le Quai St-Bernard en Face de l’IMA (le bateau sera amarré entre le pont de Sully et le pont d’Austerlitz)
16h30 Mot d’ouverture et lecture de poèmes par la comédienne et activiste pacifiste Fadwa Suleiman
17h00 Rencontre avec Majd al-Dik et Nathalie Bontemps, auteurs du livre « A l’est de Damas, au bout du monde »
18h00 Lecture d’extraits de textes et poèmes choisis par la comédienne Aurélie Ruby
19h00 Discussion autour d’un verre amical et plats syriens préparés maison (payants : participation solidaire)
20h00 Débat et échange d’expériences avec deux acteurs du mouvement pacifique syrien Moaaoya Hamoud et Tammam Al Omar, modérés par Nisrine Al Zahr (avec traduction)
21h00 Lecture accompagnée au piano par Pauline Yatérian
22h00 Projection du film Home de Rafat Alzakout (70’)
23h30 Promenade fluviale jusqu’au pont de Bercy…

<h3 « >Nos invitésFadwaFadwa Suleiman est une actrice syrienne connue pour avoir pris la tête des manifestations contre le régime de Bachar el-Assad à Homs. Elle est devenue une icône de la révolution syrienne pacifique de 2011-2012. Suleiman a participé aux manifestations pour contredire le cliché qui dit que toute la communauté alaouite, qui représente 10 % de la population, soutient le gouvernement d’Assad. Suleiman récuse tout autant la version du gouvernement qui soutient que les manifestations sont des islamistes ou des terroristes armés.

Dans un message vidéo de novembre 2011, Suleiman déclarait que les forces de sécurité étaient en train de la rechercher dans les quartiers de Homs et avaient battu des gens pour les forcer à révéler où elle se cachait. Suleiman avait coupé ses cheveux très courts et se déplaçait de maison en maison pour leur échapper. Après avoir fui avec son mari au Liban, en 2012, elle habite à Paris.

Moaaoya Hamoud est l’un des fondateurs des Comités locaux de Coordination (CLC) à Mou’adamieh dans la Ghouta occidentale, à l’ouest de Damas. Il est aussi l’un des premiers organisateurs de manifestations pacifiques dans cette région. Il a connu  la période de siège et de pénuries terribles qu’a subi cette localité. Il est sorti de la Syrie en 2014.

Tammam Al Omar est membre du mouvement Herak (« Mouvement Syrien pour la Non-Violence »), du collectif Al shab el souri aref tariqo (« Le peuple syrien connaît son chemin »). Il est aussi l’un des fondateurs des groupes Tsunami el-houria (« Tsunami de la liberté »), et Ayam el houria (« Les jours de la liberté »), autant d’initiatives citoyennes qui ont marqué les débuts du soulèvent syrien. Responsable d’information et de  médias pour plusieurs de ces mouvements, il a monté et participé à des actions pacifiques de désobéissance civile, telle que les grèves de la dignité.

MajdMajd al-Dik auteur du livre « À l’est de Damas, au bout du monde » (éd. Don Quichotte, 2016). Originaire de la ville de Douma, Majd Al Dik a interrompu ses études de droit pour s’engager activement dans le soulèvement pacifique au début de la révolution syrienne. Il a été arrêté durant plusieurs mois. À sa sortie, il a créé et dirigé plusieurs centres éducatifs offrant un soutien psycho-social aux enfants dans la Ghouta orientale (zone assiégée de la banlieue de Damas). Il a également géré un centre de soutien dédié aux femmes démunies qui se retrouvent seules à la tête de leur famille. Il réside en France depuis fin 2014.

Nathalie Bontemps traductrice engagée, écrivain et présidente de l’association Cham’s. Elle est co-auteur avec Majd al-Dik du livre « A l’est de Damas, au bout du monde ». Passionnée de littérature et de culture arabes, elle a vécu huit ans à Damas, jusqu’en novembre 2011. Elle a traduit plusieurs textes d’auteurs syriens Treize ans dans les prisons syriennes, d’Aram Karabet (Actes Sud, 2013), et co-traduit avec Marianne Babut Récits d’une Syrie oubliée, de Yassin Al Haj Saleh (éd. Les prairies ordinaires, coll. Traversées, 2015).

Nisrine Al Zahr universitaire, en poste à Paris où elle est exilée depuis un an et demi, elle travaille à faire connaître la société civile syrienne dans laquelle elle est très investie.

Le film « Home »
Réal. Rafat Alzakout

Syrie / Liban, 2015, coul. 70 min
Syrie. Dans la tempête de la guerre civile, et alors que les corps deviennent chairs détruites, un petit groupe d’hommes prend la beauté et le travail de l’art comme guide, espace de résistance et de liberté : leur but, danser partout où cela est possible, partager, même avec de supposés ennemis, l’écoute du souffle mélancolique d’une flûte…

Extrait du film

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