Wissam Al-Jazairy, ou l’art de sublimer le réel

Dès ses débuts, la révolution syrienne n’a cessé de nous émerveiller par le grand nombre et la qualité de ses jeunes talents qui ont surgi au sein de la douleur et de la souffrance. Ces artistes parlent au nom de leur peuple en quête de liberté, et tentent d’insuffler l’espoir et le courage dans les âmes des Syriens.Wissam Al-Jazairy est l’un de ces talents. Il est né en 1990 dans le fameux quartier d’Al-Midane à Damas. Il a fait des études de design graphique à la nouvelle université de Bulgarie d’où il est sorti diplômé en 2010. En 2011, il est devenu membre de l’Association des jeunes artistes américains. Il réside actuellement à Manchester en Grande-Bretagne.

Il a accompagné la révolution dès ses premières étincelles à Deraa, après l’attaque de la mosquée Al-Omari. Al-Jazairy a participé à cette lutte pacifiste en publiant des manifestes, ses publications incitaient les Syriens à ce type de résistance. Refusant de choisir un parti dans le conflit, Wissam veut être le messager du peuple et de la paix.

La créativité et le talent sont les qualités de son travail et de ses productions oscillant entre réalisme et rêve. Ses œuvres ont poussé les Syriens à en faire des pochoirs et des graffitis sur les murs de certaines villes syriennes comme à Saraqeb.

Le jeune artiste se base sur des événements réels. Il traite les thèmes difficiles tels que les bombardements, la torture et la mort. Il transforme ses sujets en œuvres d’art en utilisant les outils techniques les plus modernes. Ainsi les tableaux de Wissam incarnent la révolution, ses victoires et ses maux avec une honnêteté et fidélité sublimées, ils transforment la douleur en espoir, guident les Syriens dans leur marche vers la liberté et la dignité.

Sa caricature en réponse à la première page du journal The Economist (fév.2013) qui annonçait alors la mort de la Syrie est demeurée la plus célèbre. Il a détourné l’image originale en la coloriant d’un arc-en-ciel et proposait le titre de « reconstruire le monde ». Il expliquait alors :

« Mon message est que l’on peut toujours créer de la vie quelles que soient les peines. Il ne peut y avoir de fin lorsqu’il s’agit de vie humaine, car c’est peut être le début d’un espoir et d’une opportunité nouvelles pour l’avenir de notre pays. »

Site de l’artiste www.wissamaljazairy.daportfolio.com

Par Nemat Atassi et Racha Abazied

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