Yassin al-Haj Saleh, portrait d’un écrivain dissident

Yassin al-Haj Saleh

Yassin al-Haj Saleh

Né à Raqqa en 1961, Yassine al-Haj Saleh est étudiant en troisième année de médecine à l’Université d’Alep (âgé de seulement 20 ans), lorsqu’il est arrêté à cause de son appartenance au Parti communiste syrien opposé au régime. Il restera en prison durant 16 ans, de 1980 à 1996. Il passe sa dernière année de détention dans la célèbre prison de Tadmour (Palmyre), la plus terrible qu’ait connu le régime de Hafez al-Assad.

Après sa libération, il termine ses études de médecine et obtient son diplôme en 2000. Yassin n’exercera pas ce métier : il est avant tout penseur et écrivain. En 2006, il décrit l’univers carcéral des prisonniers politiques dans un texte intitulé « Bi-l-khalas ya Chabab ! » (« A notre salut, les jeunes ! »). Ce livre fait aujourd’hui l’objet d’une traduction française et paraît dans la collection « Traversées », aux éditions « Les prairies ordinaires », sous le titre « Récits d’une Syrie oubliée », l’édition française comportant deux autres textes plus actuels, qui complètent l’édition arabe.

Dès le début du soulèvement syrien, Yassin vit en cachette car il est considéré comme l’un des principaux théoriciens de la révolution. Il joue un rôle essentiel dans la mise en place des comités locaux de coordination. Il écrit et publie des articles dans divers journaux et périodiques, comme Al-Nahar, Al-Quds al-Arabi ou Al-Jamhouriya… Il se résout à quitter la Syrie car sa vie était menacée par le régime syrien et par l’état islamique d’Irak et du Levant.

En 2012, il obtient le Prix du Prince Claus qui honore des personnalités et des organisations reflétant une approche contemporaine et progressiste sur les domaines de la culture et du développement.

Il réside actuellement en Turquie, où il poursuit son travail de réflexion sur les questions de la démocratie, de culture et de la laïcité. Il a également fondé, avec des collaborateurs syriens et turcs, Hamisch, une maison dédiée à la culture syrienne à Istanbul. Son épouse, Samira Khalil, activiste elle aussi, a été enlevée à Douma le 10 décembre 2013, en même temps que l’avocate Razan Zaitouneh.

Parmi ses ouvrages publiés :

  • Récits d’une Syrie oubliée. Paris, éd. Les prairies ordinaires, coll .Traversées, 2015 (traduction augmentée du texte arabe : Bi-l-khalas ya Chabab ! Beyrouth : éd. Dar al-Saqi en 2012.)
  • Sourya min al-Zhil, Nazharat dakhil as-Sandouk al-Aswd (« La Syrie de l’ombre : regards à l’intérieur de la boîte noire »). Beyrouth : éd. Dar Jidar, 2009.
  • Assatir al-Akherin, Naqd lel-islam al-mo’asser wa naqd li-naqdeh (« Les légendes des derniers : une critique de la pensée islamique contemporaine et une critique de sa critique »). Beyrouth : éd. Dar al-Saqi, 2011.
  • Al Sira a’la qadam waheda (« Marcher sur un seul pied »). Beyrouth, éd. Dar al-Adab, 2011. Recueil de 52 essais sur les situations syriennes écrits entre 2006 et 2010.

Par Racha Abazied

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